essais bukowskiens

Avertissement : contenu adulte (oui, parce que, faut savoir que Charles Bukowsksi est un vieux dégueulasse.)

♢♣♤♥

 

on est allongés sur le lit
j’ai une vue magnifique sur ses longs cheveux et ses fesses en forme de cœur
pendant qu’elle soupèse mes couilles
je lui dis « qu’est-ce que tu veux
manger ce soir,
à part moi ? »
ça la fait rire. elle continue sa besogne
moi j’imagine que c’est une autre qui la fait
une autre qui ne le saura jamais, et qui de toute façon ne s’intéresse pas à moi
on baise par procuration, cette autre et moi
enfin moi je la baise
elle ne sait pas

longs cheveux et fesses en forme de cœur est satisfaite
elle croit qu’elle est amoureuse
je lui dis « j’aime » mais je ne lui dis pas qui
ça lui convient
elle se trompe
c’est dommage parce qu’elle est plutôt jolie
et que ses fesses sont en forme de cœur
mais des fesses qu’ont la gueule
de l’amour
mon lit en a vu d’autres

♢♣♤♥

Poule au pot

 

je suis sale
mes mains sont couvertes de miel et de chocolat
j’ai des os de poule dans les cheveux et des nouilles autour du cul
mais j’ai encore faim.
et toi tu dors, sybarite pouliche au minou pubescent et aux seins doux comme ce miel qui recouvre mes doigts que je lèche à présent
ce n’est pas juste que tu aies ces seins quand c’est moi qui les adore, j’aimerais les avoir pour moi seul, les avoir à la place de mes pectoraux rachitiques, je passerais mes journées à les couler entre mes doigts, à les caresser avec une plume, peindre dessus des motifs multicolores et les regarder pointer tendrement quand je m’empoigne le sexe
et je ne partage pas, jamais, le premier homme qui approche je le mords, je griffe, je broie du genou ses extrémités les plus chères, j’en fais de la bouillie, une bouillie de merde et de sang mélangés et je suis sale et je suis beau et mes seins sont les plus beaux du monde
et je t’envie
je t’envie j’ai envie de toi
parce que tu es d’une beauté plantureuse
parce que tes fesses ont l’odeur d’un torrent de montagne
et que tu sais de la poésie
tu dis
« parcours le roseau
battements sourds de la sève
quelle pluie de joie »
tu dis
et moi, j’ai la trique
et moi, j’envie ton père, ce gracieux salaud, parce qu’une partie de toi a vécu dans ses couilles quinze ans avant de lécher les miennes
allez, s’il te plait, lève-toi
lève-toi pour me chevaucher, allez
je reste allongé, j’aime quand tu chevauches, jument luxurieuse
s’il te plait, c’est déjà trop fatiguant de parler pour en plus te faire l’amour
fais danser ta croupe lascive, agite ta crinière brune
tu nettoieras les os dans mes cheveux et les nouilles autour du cul.

♢♣♤♥

Pétillantes fripes

 

Ce soir j’en ai deux avec moi.
Une blonde, une asiatique.
L’une s’occupe de ma liqueur et de ma pipe, l’autre coupe mes ongles au pied gauche.
C’est fascinant la minutie avec laquelle une femme peut te couper les ongles du pied gauche.
Elle m’aime un peu, je crois.
Je me suis bien lavé entre les orteils, avant. Je dois l’aimer un peu aussi.
L’autre je ne sais pas, c’est une copine à elle, moitié bisexuelle, moitié sauvage, qui n’avait plus de draps propres chez elle alors qui vient squatter les miens.
Ça tombe bien, la voisine du dessous m’a fait la lessive il y a deux jours.
Je fume. J’en fais profiter les filles. Il y a quelque chose d’érotique dans la fumée : les volutes qui dansent, parfois, on dirait des femmes qui se cambrent, qui se cabrent, à plusieurs, jouant les unes avec les autres. Quel homme n’a jamais rêvé de voir une blonde et une asiatique jouer ensemble comme des volutes de fumée ?
Je demande à la moitié sauvage si elle ne veut pas laver ses vêtements, tant qu’à faire.
Histoire qu’elle les enlève.
Je m’arrache des miens, pour l’exemple. Je n’ai pas un corps de rêve, loin de là, elles ne peuvent pas en dire autant.
La liqueur joue avec mes sens.
La blonde à un dos magnifique, je lui dis de se pencher en avant.
Je plonge mes doigts dans l’alcool, je commence à lui écrire entre les omoplates.
Je ne sais pas ce que j’écris.
Mes nerfs s’embrument
Mes naseaux fument

frétille et fulmine, fringante femelle
que filent mes doigts dans ton corset fébrile et que mon fiel épargne ton front fiévreux
j’en veux à ton altière fesse, ô fière altesse
que taquine paresse, admirable folle
de la messe nocturne
où paroles et caresses
d’Uranus à Saturne
suspendent les envols
se figeant dans l’espace
une fraction de temps
que le pénible Horace
mesure
en toute chose
comme toi
ô ma douce que la muse habite
ma mine ne t’inspire-t-elle pas la pitié ?
et ne suis-je pas de ton cœur le vaincu ?
petite sotte, te grisant d’un coup de blanc je te formerai
quoi de plus sublime que l’affection d’un père ?

Hoquet.
De toute façon n’est pas ça que j’écris, la liqueur s’évapore avant que j’aie le temps de lire.
C’est dommage, parce que je n’écris jamais aussi bien que quand je suis bourré.
L’asiatique ne lit pas non plus, elle ne pipe pas un mot d’occidental.
Tout s’oublie, sauf mes doigts, qui dessinent des lettres d’or sur hanches floues.
La blonde commence à s’agiter la croupe, me demande quand j’aurai fini, pour passer à autre chose.
Vrai que sa taille de guêpe donne envie de lui présenter un dard mielleux.
« Ta gueule, je fais de la poésie bordel ! »
Mon écritoire cesse de remuer, docilement.
Je termine. Je ne sais pas où sont parties nos fringues.
Je crois que l’asiatique frise l’excitation, elle commence à vouloir siroter la liqueur sur le dos de sa copine.
Elle ne comprend rien à rien, celle-là.
Je le jure, c’était de la poésie.

♢♣♤♥

2 réflexions sur “essais bukowskiens

    • D’où la question qu’ils se posaient à l’époque de l’Inquisition de savoir si les femmes ont une âme, techniquement faut compenser la perte de poids…

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