Fable de rentrée

Le bonjour à tous ! En cette nouvelle rentrée – que je vous souhaite belle – qui ne doit pas être confondue avec la nouvelle année – que je vous souhaiterai belle dans quatre mois – je vous propose ma dernière planchette BD toute joyeuse, et mes meilleurs vœux de réussite !

Floune fable corbeau
Je vous laisse le soin d’apprécier la punchline.. ^^
En l’occasion de ce premier septembre, je partagerai une phrase du Dalaï Lama : “Sème un acte, tu récolteras une habitude ; sème une habitude, tu récolteras un caractère ; sème un caractère, tu récolteras une destinée.”
Après méditation, bientôt, de nouvelles aventures !

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Ces 3 corbeaux viennent d’un autre artiste : http://jean-francois-poussard.tumblr.com/

♪ Bob Marley : Three Little Birds

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Libre service

floune bureau

Et dans la série « publications », je vous présente un (tout) petit livre à moi paru chez Edilivre en eBook et papier, une nouvelle de fin du monde humoristique (aux second, troisième et vingt-huitième degrés) avec un microscopique zeste de poésie (quand même !), d’écologie desprogienne et de conscience politique Maya – disponible prochainement sur Amazon, Fnac.com, Chapitre.com etc.

♪ Sugar Hill Gang : Rapper’s Delight

Histoire d’oiseaux

C’est l’histoire d’un petit oiseau que l’on appelait Pipit à gorge rousse (Anthus cervinus). Bien que très mignon, le pipit déprimait parce qu’il trouvait son nom ridicule. Que n’aurait-il pu être rouge-gorge, comme bien d’autres (dont le fameux Erithacus rubecula que l’on connaît bien en Europe) et se passer du « pipit » qui évoquait certes un chant pépillant, mais manquait de classe à côté, par exemple, d’une Gélinotte huppée (Bonassa umbelus) ?

Comme le hasard des histoires veut que mon premier rencontre mon second, le Pipit fit la connaissance d’une Gélinotte qui ne manqua pas de se gausser devant ce petit piaf couleur rouille.
– Mon pauvre ami, votre patronyme est aussi ridicule que votre chétive apparence !
– C’est pas juste…

Aussi le pipit se décida à voyager aux quatre coins du monde jusqu’à trouver un sage qui lui enseignerait l’humilité et la fierté. Il vola jusqu’au Kirghizistan où il trouva un vieux Bonze qui vivait retiré sur un plateau des Tian Shan.

– Bonjour Monsieur ! dit le pipit qui était poli.
– Bonjour mon jeune ami, répondit le Bonze qui savait parler aux oiseaux. Que puis-je pour toi ?
– Une gélinotte huppée s’est moquée de moi.
– « Gélinotte huppée », mieux connue sous le nom vernaculaire de « perdrix », un oiseau à la coiffure arrogante et à la collerette top-of-the-pop, le mâle arborant même deux tâches en forme d’œil sur les plumes de son postérieur, emblème de l’État de Pennsylvanie…
– Merci !

Le pipit laissa le Bonze à sa méditation – et une collection d’amulettes de l’ère Jian’an – et rentra chez lui à tire d’ailes. Inévitablement, il croisa la gélinotte.
– Alors le p’tit, on se promène ?

Le pipit hésita à la gratifier d’un « hé la perdrix faut pas m’la faire, gélinotte huppée personne connaît ! » mais se dit que, finalement, avoir volé jusqu’au Kirghizistan le rendait probablement plus intéressant que cette pathétique poule smart. Car, comme disait son ami Fucius qui n’était accessoirement pas con, « oublie les injures, n’oublie jamais les bienfaits. »

Pipit à gorge rousse

Gélinotte huppée

♪ Ian Anderson : Fly by Night

Ice cream (et hygiène dentaire)

glace fraise dentiste SE

C’est l’histoire d’un congélo amoureux d’une glace à l’eau.

La glace à l’eau a plein d’amis, à la fraise, vanille, chocolat et pistache, d’autres au citron, orange et framboise-cassis. Le congélo n’a pour voisins qu’un distributeur de soda, une cafetière et une étagère de barres chocolatées. Toute la journée il s’ennuie, tandis que dans son ventre, son énorme ventre froid, sorbets et glaces font la nouba.

Toute la journée le congélo attend la nuit et, pour faire plaisir à sa glace à l’eau, entrouvre discrètement sa vitre, qu’elle puisse prendre l’air, souffler un peu, voir le dehors. Le congélo regarde sa belle regarder les étoiles, puis retourner à l’intérieur, dire poliment merci et rejoindre la fête avec un sorbet fruits de la passion. Le congélo est malheureux, il la voudrait rien que pour lui.

Un jour elle lui dit : « laisse-moi sortir l’après-midi, je rêve de voir le soleil. » Bien sûr le congélo ne se sent pas de joie ! Seulement il le sait bien, au soleil sa belle fondra, et lui fondra pour elle. Alors il dit : « pas maintenant, mais ce soir, promis, je t’ouvre ! » Mais on ne refuse rien à la glace à l’eau. Elle ne demande pas à sortir ce soir-là, ni le soir suivant, ne lui adresse même plus la parole.

Le troisième jour, il n’y tient plus. La glace à l’eau exulte : elle sort voir le soleil, respire l’air tiède, s’excuse pour sa froideur, espère bronzer un peu. Le congélo la regarde savourer son bonheur éphémère. Ce jour-là, à ses larmes se mêlera l’eau de la glace fondue.

chowchow

« Oh ouiiiii, des glaces… Dis, tu m’en offres une ? »

♪ The Moldy Peaches : Anyone Else But You (live)